J'ai grandi dans une famille athée avec une mère séparée ayant 7 enfants de pères différents. Il y avait beaucoup de conflits et de chicanes à la maison. J'ai souffert d'angoisses depuis mon plus jeune âge et cela se marquait surtout par des cauchemars.
De plus, étant somnambule, je développais des tics nerveux et je paniquais en pleurant devant tout ce qui me faisait peur. Je mouillais mon lit et quand je mangeais, je dévorais la nourriture, ce qui m'a rendue plus ronde que les six autres enfants. " Qu'est-ce qui n'allait pas chez moi ? " était la question que je me posais. Je ne pouvais pas y répondre mais je ne me sentais jamais assez bien pour les autres.
Les conflits se faisaient plus fréquents à la maison, pourtant, moi, j'aimais ma famille, je cherchais toujours à me rapprocher de mes frères et soeurs et de ma mère, en leur montrant mon amour. A chaque fois, cependant, je me faisais repousser par leur jugement et leurs mauvaises paroles. Un de mes frères, lorsqu'il était gentil, finissait toujours par me culpabiliser de lui devoir quelque chose. Je faisais, alors, ce qu'il me demandait en oubliant même qu'il y avait des choses que je ne voulais pas faire.
Vers l'âge de dix ans, une personne en qui j'avais mis toute ma confiance, m'a terriblement troublée en me trompant par des paroles. Je tentais de gagner l'amour de maman qui souffrait elle-même d'un manque d'amour dont j'ai pris conscience plus tard. J'essayais par tous les moyens de l'aider à faire ses courses, son ménage ; je désirais passer du temps avec elle, lui dire que je l'aimais, mais elle avait toujours quelque chose à redire et cela finissait inévitablement par me rappeler mon incapacité à accomplir les choses qu'on attendait de moi.
Avec mes frères et sœurs, les choses allaient en empirant, et un incident survenu à 14 ans, m'a rempli de colère et de haine envers moi-même. J'ai commencé à consommer afin d'essayer d'oublier la peine et la douleur que je ressentais. Cependant, la colère, même en la cachant, est ressortie à l'école où je suis devenue très agressive envers mes professeurs. Je leur criais des insultes, avec comme conséquences, des renvois à la maison qui ne m'empêchaient pourtant pas de recommencer.
A 17 ans, j'ai été trahie par un gang qui m'a tendu un piège et qui a cherché à me faire beaucoup du mal. C'est à ce moment que j'ai crié à Dieu demandant un miracle. Lui, qui m'avait déjà parlé si souvent dans mon enfance, peut-être viendrait-il à mon aide? J'avais tout essayé pour les calmer mais rien n'y faisait et ma vie était à un fil de basculer entre leurs mains. En fermant les yeux, j'ai crié très fort dans mon cœur : " STP, Dieu si tu m'entends, viens à mon aide ". C'est alors q'un des garçons a dit : " allons nous-en " et ils sont partis.
Je devais en savoir plus sur ce Dieu qui m'avait répondu. J'ai changé de niveau en classe ainsi que de directeur qui m'a plus d'une fois sermonnée pour avoir été en colère contre les professeurs. Il a néanmoins pris le temps de me parler, de m'expliquer que la colère était le signe d'un manque d'amour et que cela pouvait être solutionné. Il me restait tout de même des questions sur ce qu'il se passait à la maison, sur les raisons pour lesquelles on ne s'aime pas? Sur les " pourquoi vit-on "? Sur " qui est Jésus "?
Un de mes frères m'offrit un nouveau testament et me dit : " arrête de toujours poser des questions, cela ne t'attire que plus de mépris. Là-dedans, tu auras tes réponses ".
Et j'ai commencé à lire le nouveau testament sans pouvoir m'arrêter. Et là, seule dans une chambre de la maison de maman, le Saint-Esprit est venu sur moi et mes yeux se sont ouverts. J'ai compris que, seul Jésus pourrait me donner cet amour dont j'avais tant besoin, par son Esprit Saint. Je suis sortie de cette chambre en disant à ma mère que j'avais trouvé l'amour et Jésus.
Je suis allée m'excuser auprès de mes professeurs et de tous ceux sur qui j'avais dirigé ma colère. C'était très drôle de voir leur tête, me demandant ce que j'avais fait pour changer ainsi ! Je leur ai expliqué que maintenant je croyais en Jésus et en son amour et que je regrettais de m'être emportée contre eux. J'ai pu terminer le secondaire en section littérature en étant très calme.
Avec l'amour de Jésus, ma souffrance semblait avoir disparu. Une de mes sœurs c'est rapprochée de moi et je me sentais mieux avec son amour qu'avec sa haine. Elle a compris que je pardonnais toutes ses mauvaises attitudes. Je la valorisais toujours et ce fut pour moi un beau cadeau de Jésus d'enfin pouvoir être, à 17 ans, proche de ma sœur ainsi que de la plus jeune, qui elle aussi, me manifestait son amitié. Je me sentais tellement mieux.
Un an plus tard, je rencontrais des chrétiens dans le centre de Montréal. Ceux-ci vivaient tous ensembles, mettaient tout en commun, supportaient une mission en Haïti et allaient évangéliser tous les soirs dans le centre ville. Deux semaines après les avoir rencontrés, je déménageais avec eux. Ils m'ont poussée à arrêter l'école ; j'ai entrepris un emploi à temps plein et nous allions témoigner tous les soirs. Un peu plus tard, je suis allée en Haïti pendant 5 mois, puis à New-York pendant un an. Cela m'a permis d'une part, d'apprendre l'anglais de même qu'un peu de créole et d'autre part, de rencontrer des chrétiens qui aimaient vraiment Jésus. Cependant, j'ai découvert assez vite que j'étais la cible d'abus moraux comme spirituels. En effet, on me traitait de toute sorte de noms accompagnés d'accusations durant des heures, et là, mon moral en a pris un coup. Je ne parvenais pas analyser mes sentiments et comprendre ce qui se passait vraiment en moi. Je retrouvais une fois encore le sentiment de ne pas être assez bien pour être aimée. Si j'étais aussi mal traitée par les chrétiens, ça voulait sûrement dire que Jésus non plus, ne m'aimait pas vraiment. Les cauchemars et les crises d'angoisse ont refait surface, et deux ans et demi après, je me suis enfuie, complètement brisée émotionnellement. Le médecin de famille a diagnostiqué chez moi, une dépression.
De amis chrétiens qui avaient également quitté cet endroit, m'ont amenée dans une assemblée pentecôtiste dans laquelle je suis restée 7 ans. Au début, tout allait bien : je ressentais plus d'amour dans cet endroit. Je travaillais en garderie, j'ai du reprendre des études sur l'ordre de ma patronne alors que l'assemblée s'y opposait argumentant que je n'apporterais plus assez d'argent pour l'église.
J'ai rencontré un homme croyant qui aimait Dieu de tout son coeur et qui m'aimait aussi, c'était en outre, réciproque. Je croyais qu'enfin, l'amour m'avait souri et que tout était pour le mieux avec Dieu. Nous nous sommes impliqués à 100% dans l'assemblée et le témoignage. Nous étions 150 personnes au départ mais grâce à l'évangélisation, nous avons atteint les 300 membres en cinq ans ! Nous nous occupions des nouveaux membres en leur donnant des cours, nous organisions des fêtes, des pièces de théâtre pour évangéliser, ainsi que tous les travaux ménagers. Nous aidions beaucoup de personnes selon leurs besoins, en plus du travail et des études. Nous donnions également de l'argent pour faire avancer l'œuvre de Dieu, c'est pourquoi nous étions toujours pauvres.
Tout ce que nous faisions était pour le Seigneur, mais on commença à nous dire que ce n'était pas suffisant, on nous accusait de ne pas assez aimer Dieu, de ne pas faire assez pour son église. Et là, commencèrent quatre années de condamnation et de culpabilité. Je recommençais à ne plus me sentir bien, sans en comprendre la raison. Les cauchemars on repris de plus belle. Les gens se faisaient plus accusateurs même s'ils priaient pour moi afin de chasser les mauvais rêves, les pensées noires qui me venaient et les liens que j'entretenais avec la nourriture. Comme rien ne fonctionnait, on se mit à m'accuser de manquer de foi en Dieu et de ne pas faire suffisamment pour lui. J'ai alors accepté de travailler à la garderie de l'église. Etant enceinte, on me disait que ça m'aiderait à garder un bon moral devant Dieu et ainsi lui plaire en m'occupant des enfants. J'étais totalement épuisée de ce travail pendant ma grossesse et mes angoisses ne faisaient qu'augmenter. Je ne comprenais pas pourquoi je ne me sentais toujours pas aimée de Dieu et un mal de vivre que je ne pouvais exprimer s'emparait de moi.
Les chrétiens me disaient que je ne donnais toujours pas assez, que je n'en faisais pas suffisamment et que seuls ceux qui étaient vraiment fidèles à Dieu pouvaient recevoir sa joie. J'essayais d'exprimer ce que je ressentais en disant que j'éprouvais une grande douleur dans mon cœur, que mes pensées m'accablaient etc. A chaque fois, on me sermonnait en disant que je manquais de foi. Quand il y avait des activités spéciales on m'évitait, on disait dans mon dos que je n'étais pas assez bien pour eux, pas fidèle au Seigneur. Ils choisissaient de ne pas m'adresser la parole afin que je me repente de mes péchés. Et ce, d'autant plus que le pasteur avait prié pour chasser tous les esprits en moi et que rien ne fonctionnait. Je devais donc être coupable d'avoir ce mal de vivre qui m'accablait.
J'ai pensé pendant de nombreuses années que chaque fois que je faisais des œuvres pour Dieu, je pouvais croire en son salut et dès que je n'allais pas bien, je croyais que l'enfer m'attendait et je paniquais à cette idée. Tous ceux dont nous avions été proches et ceux dont nous avions pris soin, s'éloignaient de nous. Je souffrais et je me disais qu'il n'y aurait jamais aucun moyen pour moi de trouver l'amour et la paix en Dieu.Chaque fois que j'allais au culte, j'en ressortais plus brisée car toutes les prédications étaient centrées sur la condamnation qui attendait ceux qui ne se soumettaient pas à Dieu. Il en ressortait aussi que, plus on donnait de dîme et d'offrandes en argent, plus on était béni. Mais nous, avec la perte de mon travail et l'arrivée du bébé, nous donnions moins. Nous étions pauvres et, en nous offrant quelques boîtes de conserve, des chrétiens nous ont dit que ceux que Dieu bénit, sont aussi ceux qui ont les moyens d'aider et de donner à l'église. Je me sentais tellement coupable de quémander ! Pourtant, nous avions, mon mari et moi, donné auparavant des milliers de dollars à l'église et aidé personnellement les pauvres ainsi qu'amené bien des nouveaux dans l'assemblée. Tout ceci ne comptait pas et j'aurais voulu crier mon humiliation et ma peine. Mais chaque fois que je me le permettais, on me critiquait davantage. Je suis sortie seule dehors et j'ai crié très fort : " mon Dieu ne m'aimeras-tu donc jamais? Ne serais-je jamais assez bien pour toi? ". J'ai pris conscience que je devais protéger ma fille et ne pas laisser ces gens lui faire de mal. Quelques mois après, mon mari prenait aussi la décision de ne plus aller dans cette assemblée, se sentant, lui aussi, complètement brisé d'avoir perdu ses amis chrétiens et de se faire ainsi traiter.
Nous sommes allés dans une autre assemblée pendant plus de trois ans et deux autres enfants sont arrivés dans la famille. Nous n'avions plus beaucoup de temps pour nous occuper des membres et leur intérêt pour nous, cessa. Mon mari prit alors la décision de ne plus faire partie d'aucune assemblée ! Je vivais dans l'angoisse me disant, face à une telle indifférence, qu'il ne devait pas y avoir de Dieu qui pouvait m'aimer. Je régressais émotionnellement et je n'étais plus capable de me faire aimer et toucher par mon mari. Je ressentais une grande haine et une violente colère monter en moi avec, comme conséquence : toutes les pensées d'autodestruction et de suicide qui refaisaient surface comme dans mon enfance. Recommencer, m'apparut comme la solution, mais mon problème s'aggravait car j'y ajoutais la culpabilité de pas bien agir. Mon mari, prenant de plus en plus de distance et, moi-même, me sentant encore moins aimable, j'ai demandé l'aide de Dieu. La même semaine, je rencontrais une thérapeute chrétienne que je suis allée consulter pendant un an.
Un matin, mon mari m'appelle pour me dire que tout était fini, qu'il ne rentrerait plus à la maison. Il avait trouvé une autre femme qui savait l'aimer et qu'il aimait en retour. À ce moment, j'aurais voulu mourir plutôt que d'entendre ces paroles, car je n'étais plus rien et la souffrance atteignait son maximum .La thérapie m'a beaucoup aidée à comprendre que je ne m'aimais pas parce que les autres m'avaient aussi démontré qu'ils ne m'aimaient pas. Dieu, quant à lui, me montra que c'était la même chose avec mon mari : son rejet signifiait pour moi que j'étais indigne d'être aimée ! Dieu m'offrait de venir à lui pour trouver le véritable amour. C'est là que j'ai compris la bonté et l'amour de Dieu pour moi, qu'il avait pris mes souffrances pour les remplacer par sa douceur et son affection.
Aujourd'hui, je sais que je suis aimée de mon Seigneur et que je peux l'aimer moi aussi sans craindre de ne pas être digne de lui. C'est par ailleurs son amour qui m'a permis de pardonner aux autres et comme vous le savez, de prier aussi pour mon mari, pour son retour vers Dieu et pour notre réconciliation.
Un petit retour en arrière : revenons au coup de téléphone de mon mari qui me disait que tout était fini. Nous venions de louer un nouvel appartement et il nous restait encore trois mois à passer dans notre ancien logement. Au début, j'étais proche de mes voisines dont je gardais souvent les enfants. Par la suite, l'une d'entre elles a entraîné les autres contre moi à tel point que je ne pouvais plus passer dans la cour sans qu'elles se moquent de moi. Je me sentais complètement brisée émotionnellement par ce que nous avions vécu dans les trois assemblées que nous avions fréquentées. Mon mari venait de me quitter et ces quatre femmes ne cessaient de me manifester leur haine.
Quand j'ai déménagé, deux d'entre elles étaient à la fenêtre pour me regarder partir en se moquant toujours. Mon mari, qui était venu m'aider, m'a dit de ne pas me faire de faux espoir, que tout était terminé entre nous. J'étais donc seule avec trois jeunes enfants : deux filles de 5 ans et 6 mois et un garçon de 3 ans et je partais dans une ville ou je ne connaissais personne. Je me sentais abandonnée et trahie par tous ceux que j'aimais et mon cœur était rempli de souffrance et d'amertume.
Une amie chrétienne proche m'invita dans son assemblée et j'y suis restée pendant un an avec les enfants. Je passais mes soirées à pleurer et à crier mon mal et ma douleur à Dieu. Je lui disais comment tout ce que je lisais dans sa parole, était devenu pour moi comme une condamnation qui me faisait mal. Pourquoi attendait-il de moi la perfection pour pouvoir m'aimer? Ces questions me faisaient terriblement souffrir car je ne pouvais pas réussir à être à la hauteur de ce que Dieu attendait de moi. Alors, je mis beaucoup d'espérance dans cette assemblée afin d'y trouver Dieu et d'y être aimée par des frères et soeurs. Au début, tout allait bien. Je m'occupais de certaines tâches, je prenais beaucoup de temps pour la louange et la prière et je commençais à entrevoir que je pouvais être aimée de Dieu et ainsi trouver la paix en lui.
Malheureusement, tout bascula quand ils dirent que chacun, pour être délivré, devait être oint de l'Esprit et ils se mirent tous à faire des bruits bizarres, se basculer de tous côtés, trembler et sauter partout. Je ne pouvais pas percevoir Dieu ainsi au milieu de nous et je refusai de faire comme eux. Je fus qualifiée de rebelle qui s'opposait au mouvement de l'Esprit et on commença à m'éviter et à ne plus m'inviter. Me revoilà encore une fois rejetée par ceux que j'aimais. Je suis allée les trouver en disant qu'on pouvait continuer à s'entendre malgré nos différences. Le pasteur m'a répondu que j'avais un mauvais esprit qui éloignait les autres de la vérité de Dieu et qu'il n'y avait pas de compromis possible entre la lumière et les ténèbres. Soit je me soumettais à leur pensée, soit je quittais leur assemblée. C'est dans un état de tristesse extrême, que j'ai rendu visite à mon amie pour lui expliquer tout cela. Elle m'a répondu : " tu te soumets à Dieu, Lise, en croyant avec nous ces choses, sinon tu ne fais que démontrer ton orgueil et combien tu laisses ton cœur s'inspirer par le mal qui est en toi. Ne vois-tu pas que tu fais souffrir les autres? "
Je fus remplie de tristesse et de souffrance car je venais de comprendre qu'ils me mettaient à la porte. Ceux qui m'avaient entourée lors de la rupture avec mon mari, se retournaient maintenant contre moi avec mépris et colère. J'ai senti toutes mes forces m'abandonner. J'ai rejoins ma voiture, me suis rendue compte que j'avais un pneu crevé et que je n'avais aucun matériel pour le réparer. Je me suis assise dans l'auto en ne pouvant plus m'arrêter de pleurer. J'ai pensé à mes enfants que j'aimais plus que tout et là je me suis dit: " ces enfants n'ont pas besoin d'une mère qui n'est pas digne d'être aimée. Je leur ferai à eux aussi du mal, comme j'en fais à tous ceux que j'aime et qui finissent par me rejeter. Même toi Seigneur tu me rejettes, alors, la vie n'a plus de sens pour moi ". J'ai mis la voiture en route et suis partie avec une seule idée en tête : une femme comme moi ne pouvait que mourir pour arrêter de souffrir et faire souffrir les autres. Les larmes ne cessaient de couler de mes yeux, je demandais pardon à Dieu mais je ne pouvais plus vivre en ne me sentant pas aimée de lui. Je me suis engagée sur l'autoroute en conduisant à toute vitesse, attendant le bon moment pour freiner brutalement afin de faire " capoter " la voiture. A ce moment, je regarde dans mon rétroviseur et je vois une grosse remorqueuse qui klaxonne et qui me dépasse dans le but de me faire prendre la prochaine sortie. Je n'avais d'autre choix que de le suivre car il me bloquait le passage. L'homme, sorti de son véhicule, regarde mon pneu dont il ne reste qu'un morceau de métal et me regarde dans les yeux en disant: " madame, croyez- le, il y a un bon Dieu avec vous ".
Ses paroles entrèrent en moi comme une bouffée d'air frais suivies par l'espoir que peut-être je pourrais encore goûter à l'amour de Dieu. Il répara mon pneu et quand je partis, il me rappela que j'avais un Dieu avec moi ce qui me fit sourire en le remerciant de tout coeur. Je repris le volant et je dis : " Seigneur, si vraiment tu peux m'aimer, je veux le savoir et te donner le bénéfice du doute, mais mon cœur est apeuré et effrayé par l'amour. Cependant, je veux le croire si c'est possible ". Encore une fois, Dieu me démontra sa bonté et mon cœur fut touché dans cette souffrance qui était la mienne. Je me disais que peut-être Dieu me montrerait son amour et j'étais prête à tout pour cela, car je venais de goûter un peu d'espoir en constatant combien il tenait à ma vie plus que moi.
Ma rencontre avec l'amour :
Je voudrais faire une parenthèse pour parler de ma maman qui ne savait pas comment réagir devant mon amour pour elle. Toute sa vie, elle le rejeta et puis elle tomba gravement malade et je pus passer la dernière année de sa vie à prendre soin d'elle. Elle me demanda : " pourquoi m'aimes-tu autant ? " Cette question me surprit car elle admettait enfin que je l'aimais, et non plus que je faisais semblant de l'aimer. J'ai également compris à ce moment, combien elle avait peur de se faire aimer. J'ai pu lui dire que j'étais reconnaissante qu'elle m'ait donné la vie et que je l'avais toujours crue digne de recevoir mon amour. Elle m'a alors expliqué combien elle m'avait aimée et appréciait mon amour pour elle. Avant de mourir, ma mère pria avec moi pour trouver, elle aussi, cet amour en Dieu et elle partit avec lui.
Quand je me suis retrouvée toute seule après avoir quitté cette dernière église, Dieu permit que je rencontre mes frères et sœurs. J'ai ainsi eu la possibilité de leur parler de ce que nous avions vécu précédemment et de l'injustice dont je souffrais suite à leur dureté. Leurs cœurs furent ouverts au pardon et depuis se jour, je remercie Dieu de pouvoir dire que j'aime mes frères et sœurs et que c'est réciproque. L'amour et la grande générosité dont ils ont fait preuve vis-à-vis de moi et de mes enfants, mirent un baume sur mes blessures. Même s'ils ne sont pas sur ce site, je les remercie de tout cœur et je suis heureuse de former maintenant avec eux, une vraie famille, car ils comptent beaucoup pour moi. Et depuis, plusieurs d'entre eux avec leurs enfants prient Dieu également. Avant cela, j'étais la seule chrétienne dans ma famille.
Je me sentais bien dans cette nouvelle ville où Dieu nous amena, mes enfants et moi. J'ai compris qu'il était temps pour moi de rencontrer ce Dieu face à face afin de connaître son amour. Voici la première chose qu'il me dit : " Je sais que tu connais mon fils et que tu l'aimes. Je sais que tu as peur de moi, mais je vais venir vers toi afin de remplir ton cœur de mon amour et tu sauras combien tu es aimée de moi ".
J'ai appris aussi à faire le deuil de la rupture avec mon mari et c'est ainsi que j'ai pu accepter de prendre Dieu et Jésus comme époux et vivre de leurs paroles et amour pour moi. Dieu me demanda d'abandonner mon monde de rêve et de fantaisie pour m'approcher de lui, ce que j'acceptai. Il me conseilla en outre, de mettre ma confiance en lui et non en les humains pour être réellement aimée. Je le remercie de s'être aussi bien occupé de moi et des enfants, comme un papa plein de compassion et de bonté.
Pendant la journée, le Seigneur me donnait l'amour et la force dont j'avais besoin pour passer de beaux moments avec les enfants, pendant lesquels nous nous amusions tous ensembles. En fin de semaine, nous organisions diverses activités avec de nombreux enfants, c'était très agréable. Le soir arrivait et je me retrouvais seule dans le silence. Je commençais alors à jeûner, prier et méditer la parole de Dieu en lui demandant de me guérir de tout ce qui me culpabilisait et de m'enseigner lui-même. Il me faisait prendre conscience, par l'amour de mes enfants de toute la tendresse et l'affection inconditionnelles qu'il désirait m'offrir. Les enfants étaient pour moi comme des petits anges toujours prêts à donner leur amour. Je parvenais au travers d'eux à saisir l'amour de Jésus et de Dieu pour moi. Il me fit comprendre combien j'aimais ces enfants et comme j'étais prête à tout pour les aimer et les rassurer. Ce fut une révélation pour moi. En effet, si moi, simple humaine avec tant de manquements, je pouvais aimer à ce point, à combien plus forte raison, Dieu pouvait m'aimer davantage encore. Il me stupéfiait par cette réalité, de sorte que mon coeur réalisa que si Dieu aimait bien plus que moi, je pouvais m'abreuver à cette source, le croire dans mon cœur, et l'accepter. Je lui disais que je voulais croire et avoir confiance mais tellement de peurs me bloquaient encore.
Je vivais, malgré tout, toujours dans l'angoisse d'être rejetée par Dieu. Dès que je me sentais mieux, j'avais la conviction de son amour et quand j'agissais contre ma conscience, je tremblais devant la peur de son rejet et de l'enfer. Je passais d'un extrême à l'autre. Je disais: " Seigneur, je veux croire de tout mon cœur mais je n'y arrive pas, pourquoi? ". Pendant la semaine, alors que j'étais seule, l'Esprit me dit d'aller dans un parc. Je partis donc sans trop comprendre et là, il me persuada de regarder deux sortes de fleurs l'une à côté de l'autre. Il me demanda de lire le nom des fleurs. Je regardai la première et lus : Lys d'un jour. Le Seigneur me dit: " Tu vois ces fleurs, elles ne vivent qu'une seule journée et toi tu es pareille. Un jour tu dis: Dieu m'aime, je suis sauvée et le lendemain tu dis: Dieu m'oublie, je ne suis pas assez bien pour lui. Tu vis la peur de l'enfer, et ce sont ces pensées qui te font autant souffrir à propos de ton salut ". Je regardai la deuxième fleur qui s'appelait: Eternelle. Dieu me dit: " vois-tu ma Lise, moi je te dis que ton salut est éternel ainsi que mon amour pour toi. Alors tu n'as plus à penser que je te rejette ". Et là mon coeur fut saisi d'une grande chaleur et des larmes de joie coulèrent de mes yeux. Mon Dieu me montrait que son amour était éternel et que je n'avais plus à craindre l'enfer, qu'au contraire, mon coeur pouvait se reposer dans son amour. Je suis retournée à la maison toute joyeuse, désirant passer encore plus de temps avec lui.
Il m'est encore arrivé de recevoir des appels de chrétiens qui me disaient que j'étais hors de la volonté de Dieu, que son jugement était sur moi car je n'appartenais à aucune assemblée. Je replongeais alors dans le doute et la peur de tout avoir imaginé sur l'amour de Dieu et les angoisses réapparaissaient. Heureusement, Dieu ne se laisse pas limiter par nos doutes et nos craintes. En effet, j'ai pu voir comment il a agi afin de me rassurer et me sécuriser, j'avais besoin d'autres signes, d'autres preuves. Durant la semaine, je n'arrêtais pas de lui demander: " Seigneur puis-je réellement croire en ton amour ? ". En me rendant au magasin avec les enfants, Le Seigneur me dit de regarder un coin du gazon sur lequel j'aperçois un objet brillant à demi enterré. Je le prends et je constate que c'est un coeur garni de fleurs. Je le retourne et je lis : " love forever, l'amour pour toujours, l'amour éternel ". J'étais tellement émue que les enfants me demandèrent pourquoi je souriais tout en pleurant. Je leur ai répondu : " c'est parce que je viens d'avoir une autre preuve que Dieu m'aime vraiment pour toujours et je suis trop émue ".
À partir de ce moment, mes cauchemars ont cessé car j'avais enfin la conviction que Dieu m'aimait vraiment. Mon coeur pouvait se reposer en paix dans cet amour et Dieu ne cessa de me le montrer aux travers de mes enfants qui étaient plein d'attentions et de gentillesse envers moi. Je sentais sa force en moi, me permettant d'aimer ses enfants et d'en prendre soin. Chaque fois que j'arrivais dans une impasse avec ceux-ci, que je réagissais trop vivement, et que je me sentais vraiment mal, il prenait le temps de venir me montrer ce qu'il m'arrivait afin que je puisse changer ces choses. Ces conseils sont devenus plus précieux que l'or fin car il me guident et me dirigent sur le chemin que je dois emprunter en m'aidant à faire les meilleurs choix. Le fait de considérer Dieu comme mon conseiller, mon père et mon ami, m'a redonné goût à la vie, le goût de me laisser aimer par lui et d'aimer les autres. Et c'est durant cette période qu'il a mit un baume sur mes blessures de rejet et m'a appris à pardonner en me faisant comprendre que les autres ne savent pas encore ce qu'est un amour vrai et sincère. Maintenant, je pouvais avoir confiance en son amour et ressentir que celui-ci est doux et bon pour ma pensée, mon coeur et mon âme.
Le temps fut venu où tous mes enfants devaient se rendre à l'école, me permettant de retourner travailler en garderie où je devais me retrouver, une fois encore, avec un groupe de femmes, que je craignais de rencontrer après les expériences douloureuses précédentes. Chaque jour, je m'appuyais sur Dieu pour faire face à cette journée. J'étais parmi elles, une femme très réservée et timide. Je faisais mon travail avec joie et j'aidais tous ceux que je pouvais aider. Je parlais avec une personne à la fois et nous avions alors de bons échanges, mais dès qu'on se retrouvait en groupe, je me refermais par crainte d'être jugée. Dieu se servait de cela pour me réapprendre la confiance en moi sans que je le sache, car avec le temps, ma patronne et mes compagnes de travail m'ont parlé des talents que j'avais avec les enfants. Elle a insisté trois fois pour que je m'occupe des enfants qui avaient besoin de soins particuliers, étant convaincue que je pourrais le faire. Cela fait trois ans que je travaille avec ceux-ci. Les filles qui travaillent avec moi, ont été tellement gentilles, que je fus capable de m'ouvrir plus généreusement et reprendre confiance en moi. Je vois là, encore une fois, la bonté de Dieu qui a permis tout cela dans ma vie.
Mes enfants sont devenus ados et leurs besoins ont changé, les crises d'ados existent aussi pour nos enfants ! J'ai une fille à fort caractère et ayant tendance a ne jamais rien lui refuser, je dois apprendre les limites à lui donner afin qu'elle se rende compte qu'elle ne peut tout posséder. Ceci me démontre combien je suis encore fragile ; je suis pourtant encouragée, car au travers de tout cela, je sais que Dieu va encore m'apprendre des choses et approfondir son amour. Je deviens capable de vivre avec mes limites et le respect de moi-même et ceci me touche beaucoup. Je sais que le but de ma conduite est de goûter la plénitude de l'amour de Dieu pour me sentir bien. C'est réellement ce que mon coeur désire le plus au monde.
Il y a un 1 an et 4 mois, j'ai découvert un site chrétien sur lequel je me suis inscrite. Cela représentait pour moi, un pas de réconciliation avec le monde chrétien et je remercie tous ceux et celles qui m'ont accueillie avec amour et amitié fraternelle. Sans le savoir, vous avez favorisé cette réconciliation et ce désir de retrouver des frères et soeurs chrétiens. Vos réactions me bénissent, et je me dis que j'ai fait le bon choix. Je ne peux que remercier le Seigneur pour vous tous qui avez pris part à ma guérison grâce à l'amour.
Je ne prétends pas avoir atteint la connaissance parfaite de l'amour de Dieu, mais je sais que mon coeur se dirige vers ce but. J'en veux toujours plus car son amour est plus doux que le miel et fait tellement de bien à mon coeur que je voudrais dire au monde entier que J'aime Jésus et Dieu et que je suis heureuse d'être aimée d'eux.
J'ai réussi avec l'aide de Dieu à m'approcher de Jésus et de remettre tout mon mal à ses pieds. Sa main sur mes cheveux a su guérir mon coeur de ce manque d'amour et je ne peux que lui en être reconnaissante et l'aimer de tout coeur pour tout ce qu'il fait pour moi. Je suis pour le moment dans une étape de ma vie ou je peux recevoir son amour et lui en donner en abondance en me sentant heureuse. Je sens qu'il m'appelle afin que dans nos moments intimes, je puisse recevoir encore plus de lui et être réellement et complètement libre dans son amour. C'est ce à quoi mon coeur aspire et je vous demanderais de continuer à prier pour moi dans ce sens, merci beaucoup.
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